English versionLa naissance des opticiens miroitiers

"Mieux voir
pour
mieux être vu"

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les besicles et les "estuys" étaient vendus par les merciers et les bimbelotiers dont certains se déplaçaient de village en village à la manière de colporteurs qui leur succédèrent.

En 1770 certains de ces vendeurs voulant améliorer la qualité de leurs produits s’organisèrent en une sorte de corporation, les "Compagnies de marchands miroitiers et opticiens".

Dès lors ils ont pignon sur rue, disposent d’une boutique, travaillent avec beaucoup plus de soin qu’avant. Quelques-uns fabriquent des montres en or, en argent, en écaille, les perfectionnent avec un souci de confort maximal. Les branches ne s’arrêtent plus aux tempes, et prennent les formes les plus variées, à spatule, à coulisse, pliante. Grâce a leur esprit inventif les XIXe et XXe siècles ont été pour les lunettes une suite de perfectionnement, de nouveautés tant dans les formes que dans les matériaux, les opticiens sont de plus en plus nombreux, plus compétents aussi et certains sont de véritables créateurs.

Il faudra attendre la fin de la deuxième guerre mondiale pour assister à une véritable révolution. C’est en 1949 que Pierre MARLY est le premier à concevoir des lunettes comme accessoire de mode. Issu d’un milieu modeste Pierre MARLY, après avoir été apprenti chez un photographe, ouvrier monteur au rayon optique de la Samaritaine, chef d’atelier puis directeur technique et des approvisionnements chez les frères LISSAC, décide de réaliser ses propres idées de montures.

Son but est de parvenir au summum de la qualité, du service et du luxe. Selon lui, il est nécessaire de voir la lunette accéder à la dignité d’accessoire. Lorsqu’en 1948, le jeune ouvrier obtient son diplôme d’opticien, il lance le premier une véritable "mode optique" et devient rapidement le couturier des lunettes. C’est dans son 1er magasin rue Taitbout que se rendent alors les chefs d’Etat, les hommes publics ou les vedettes du spectacles qui désirent un regard personnalisé et deux ans plus tard, il ouvre sa boutique phare rue François 1er.

Vers 1960, il lance des séries de modèles extravagants dont la presse s’empare et les couturiers s’avisent que les lunettes sont aussi devenues un marché au même titre que les accessoires, les parfums etc… tous vedettes du marketing.

Finalement pour le bonheur des yeux, c’est un renouveau complet qui s’opère : la variété, l’élégance des lunettes permettent de concevoir des modèles en harmonie avec le visage, la toilette et les différentes tenues du jour et du soir. Les lunettes sont devenues non plus des prothèses mais le raffinement supplémentaire qui permet à la femme comme à l’homme de dégager ou d’affirmer la personnalité.

Depuis sa naissance l’affaire est exclusivement familiale. Deux fils suivent aussitôt les traces de leur père, le troisième Gilbert, en revanche se passionne pour la musique. Ses études aux Conservatoires de Bruxelles et Paris l’oriente vers le métier de chef d’orchestre et un emploi au sein de l’O.R.T.F. Le sens des affaires et l’appel de la famille seront les plus forts. Il rejoint en 1968 la maison familiale après avoir obtenu son brevet de technicien supérieur d’optique. Il reprend le flambeau en 1978.

"La réputation ne se construit pas uniquement sur un nom, il faut qu’on soit sûr de trouver une personne bien réelle derrière. C’est ainsi que nos clients peuvent rencontrer mon frère dans notre boutique 2 avenue Mozart et ma fille Camille ou moi-même, rue François 1er." Aujourd’hui les lunettes sont discrètes et racées, elles sont traitées comme de véritable bijoux et faites dans des matières nouvelles qui proposent une gamme de teintes quasi illimitées. Avec les lunettes solaires on assiste à un feu d’artifice de couleurs et de formes. Quant au face-à-main, discrètement il revient à la mode.

Depuis 1970, malgré l’arrivée en masse des lunettes griffées (Dior, Saint-Laurent, Chopard, Courrèges, Cartier, Fred, Porsche, Armani, Swaroski et autres …) Pierre MARLY reste fidèle à son image d’opticien avant-gardiste soucieux de créer un nombre limité de modèles et de les diffuser en petites séries. Ce sera chaque année une collection forte, inventive, parfois provocante aux formes insolites, aux coloris audacieux, une collection raffinée, sophistiquée, haut de gamme à base de matériaux naturels comme le bois, la corne de buffle, l’écaille, le cuir… sous la houlette de Jacques Marly designer en chef et réservée à quelques amoureux d’un luxe discret.

Pierre Marly complète ses collections avec des exclusivités dénichées à l’étranger et dont il se réserve la distribution en France.

La philosophie de Pierre Marly : assurer le confort visuel, conseiller l’accessoire de mode, l’élément vestimentaire qui va faire oublier le défaut visuel, déterminer les critères qui contribueront aux choix de la monture. Si un client ou une cliente connaissent Pierre Marly, c’est à coup sûr en raison de la qualité incomparable du service qui lui est proposé par un personnel compétent dans un décor empreint de luxe et de sérieux.

Pierre Marly, reste un collectionneur acharné en rassemblant une collection probablement unique au monde de près de tris mille pièces : livres, traités anciens, gravures anciennes, montures, face-à-main, jumelles, étuis dont une des premières montures jamais créées datant du XIIIe siècle.

Cette collection rachetée par ESSILOR 1er fabricant mondial de verres de lunettes est désormais présentés au musée de la lunette de MOREZ.

A lire également "LUNETTES ET LORGNETTES" par Pierre Marly aux éditions HOEBEKE vente aux magasins.


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